Les actifs spéculatifs : fascinants… mais très risqués

Voici le dernier article de notre série consacrée aux grandes classes d’actifs.

Aujourd’hui, nous parlons des actifs spéculatifs.

Le mot peut sembler négatif. Pourtant, spéculer signifie simplement acheter un actif en espérant que son prix augmentera.

D’une certaine manière, tous les actifs contiennent une part de spéculation : on réalise une plus-value en revendant plus cher son bien immobilier, son action ou son obligation.

La différence est ailleurs.


Ce qui distingue un actif spéculatif

Les actifs comme l’immobilier, les actions ou les obligations génèrent un revenu :

  • un loyer,
  • un dividende,
  • un coupon.

Ils produisent un flux financier.

Un actif spéculatif, lui, ne génère pas de revenu propre.
Sa valeur dépend uniquement de l’offre et de la demande.

Il ne “travaille” pas.
Il ne fait pas de petits.

Le gain éventuel provient uniquement de la revente à un prix plus élevé.


Quels actifs entrent dans cette catégorie ?

Les matières premières et métaux précieux

Le cuivre, le blé, le pétrole ou encore l’or ne produisent aucun revenu lorsqu’on les détient.

Leur prix peut monter ou baisser, parfois fortement.
Mais les conserver ne génère aucun flux financier.


Les œuvres d’art et objets de collection

Voitures anciennes, montres, sacs à main, cartes Pokémon…

Ils peuvent parfois être loués ou exposés, mais le rendement net est souvent faible au regard des coûts :

  • entretien,
  • assurance,
  • stockage,
  • sécurité.

Le gain provient essentiellement de la plus-value à la revente.


Les cryptomonnaies et actifs digitaux

Les cryptos, NFT et autres actifs numériques fonctionnent selon la même logique.

Sauf cas particuliers (staking), ils ne produisent pas de revenu.
Leur valeur peut évoluer très rapidement, à la hausse comme à la baisse.

Certaines collections de NFT ont vu leur prix être multiplié… avant de s’effondrer quelques années plus tard.


Les monnaies

Cela peut surprendre, mais détenir une monnaie étrangère dans une logique d’investissement revient à spéculer sur son évolution.

Un billet de 10 $ ne devient pas 11 $ avec le temps.
Sa valeur varie uniquement par rapport aux autres monnaies.


N’importe quoi d’autre

C’est l’un des grands problèmes de la spéculation : presque tout peut devenir spéculatif.

Lorsque certains anticipent une pénurie de masques sanitaires, de gel hydroalcoolique (ou de papier toilette) — comme au début du COVID — et qu’ils surstockent en craignant un manque futur ou en anticipant une hausse des prix, ils entrent dans une logique spéculative.

De la même manière, ceux qui achètent des places pour des événements sportifs ou culturels, dans l’idée de les revendre plus cher, spéculent.

Même des biens qui paraissent ordinaires peuvent devenir objets de spéculation, voire de bulle :
les tulipes aux Pays-Bas au XVIIe siècle, les pin’s dans les années 90 ou plus récemment les peluches Labubu.


Pourquoi ces actifs sont-ils si volatils ?

Parce qu’ils ne produisent aucun flux financier.

Un actif productif possède une forme d’ancrage : un investisseur peut estimer sa valeur à partir des revenus futurs qu’il générera.

Un actif spéculatif, lui, vaut uniquement ce que le prochain acheteur est prêt à payer.

Sans référence à des flux, les prix peuvent s’éloigner longtemps de toute logique fondamentale.

Avec une hausse rapide de la demande, une bulle spéculative peut se former : les acheteurs sont de plus en plus nombreux, non pas pour la valeur intrinsèque de l’actif, mais pour l’augmentation potentielle de son prix dans le futur.


Actifs à la mode ou réserves de valeur ?

Il faut distinguer :

  • les actifs très à la mode, dont la valeur peut exploser puis s’effondrer ;
  • les actifs parfois considérés comme des réserves de valeur.

L’or, certaines pierres précieuses ou certaines monnaies fortes comme le franc suisse ont parfois joué ce rôle : en période d’incertitude, les investisseurs s’y réfugient.

Mais ce statut n’est jamais garanti.
Même ces actifs peuvent connaître de longues périodes de baisse.


Quelle place dans un patrimoine ?

Les actifs spéculatifs peuvent avoir un intérêt :

  • diversification,
  • protection contre certains scénarios extrêmes,
  • exposition à des tendances spécifiques.

Mais leur part doit rester limitée et adaptée au profil de risque.

Ils peuvent représenter une petite poche dynamique du patrimoine, mais rarement son socle.


Quelques réflexions pratiques

Pour les matières premières, passer par des ETF sectoriels ou des fonds spécialisés est souvent plus simple que d’acheter l’actif directement.

Pour les monnaies, il est généralement plus pertinent de s’exposer indirectement via des investissements internationaux (par exemple un ETF actions américaines non couvert contre le risque de change) que d’acheter des monnaies non productives.

Pour les cryptos, pourquoi pas une petite allocation — mais cela reste un pari sur l’avenir.

Pour les objets de collection : comme me disait ma maman, qui était brocanteuse, la valeur d’un objet est celle que l’on est prêt à payer… et son rendement est souvent le plaisir de le posséder.


En résumé

Les actifs spéculatifs ne sont ni bons ni mauvais.
Ils sont simplement différents.

Ils ne génèrent pas de revenu.
Leur valeur dépend entièrement du marché.
Leur volatilité peut être élevée.

Dans un portefeuille diversifié, ils peuvent avoir leur place.
Mais ils ne remplacent pas les actifs productifs.

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