Les obligations : l’actif oublié

Les obligations sont probablement l’actif le moins connu des investisseurs particuliers.
Pourtant, elles jouent un rôle central dans les patrimoines et les marchés financiers.


Une obligation, c’est quoi ?

Une obligation est simplement un titre de dette.

Lorsque vous achetez une obligation, vous prêtez de l’argent :

  • à un État,
  • ou à une entreprise.

En échange, l’émetteur s’engage à :

  1. vous verser un intérêt régulier (appelé coupon) ;
  2. vous rembourser le capital à une date fixée à l’avance (l’échéance).

Contrairement à une action, vous n’êtes pas propriétaire de l’entreprise : vous êtes créancier.


Le capital est-il garanti ?

Pas totalement.

Si l’État ou l’entreprise fait faillite, il peut ne pas rembourser.

Cependant :

  • les États développés sont considérés comme très sûrs,
  • les entreprises solides présentent un risque limité.

Le taux d’intérêt est souvent fixé au départ.
Mais le rendement réel dépend :

  • du prix auquel vous avez acheté l’obligation,
  • et du remboursement effectif.

Pourquoi les obligations ont été mal aimées ?

Pendant près de 20 ans, les taux d’intérêt ont été historiquement bas.

Conséquence :

  • les obligations rapportaient très peu,
  • parfois moins que l’inflation.

Depuis 2022, avec la remontée des taux :

  • les nouvelles obligations offrent des rendements plus élevés,
  • elles redeviennent attractives.

Obligation ou monétaire : quelle différence ?

Les deux consistent à prêter de l’argent.

La différence principale est la durée.

  • Les fonds monétaires investissent sur des périodes très courtes (quelques jours ou mois). Le risque de perte est quasi nul.
  • Les obligations ont des échéances plus longues (2, 5, 10, 30 ans…).

Plus la durée est longue, plus l’obligation est sensible aux variations de taux mais plus le rendement est élevé.


Comment investir dans les obligations ?

Dans la pratique, la plupart des particuliers investissent :

  • via des fonds obligataires (notamment les fonds euro des assurances vie qui ressemblent partiellement à des fonds obligataires prudents, avec capital garanti),
  • ou via des ETF obligataires.

Un ETF obligataire permet, comme pour les actions, d’investir dans un panier d’obligations :

  • dette française,
  • bons du Trésor américain,
  • obligations d’entreprises,
  • obligations « high yield » plus risquées.

Pourquoi la valeur d’une obligation varie ?

C’est la partie la plus difficile à comprendre.

Une obligation peut être achetée et revendue sur le marché.

Son prix évolue en fonction :

1️⃣ Du risque de défaut

Si l’émetteur paraît plus fragile, le prix baisse. A l’inverse, si l’émetteur parait plus sûr qu’auparavant, les investisseurs sont prêts à payer plus cher les obligations.

2️⃣ De l’offre et de la demande

Plus il y a d’obligations émises, plus l’offre augmente et donc plus le prix baisse.

Plus il y a de demande et plus le prix augmente. Par exemple, si les actions baissent, certains investisseurs peuvent vouloir réduire leur exposition et vendre leurs actions pour acheter des obligations. Le prix des obligations va alors augmenter. 

3️⃣ Des taux d’intérêt (le point clé)

Quand de nouvelles obligations sont émises, le taux auquel les nouveaux investisseurs sont prêt à investir va évoluer de la même facon que dans les exemples précédents. Une société ou un Etat qui va mal va recevoir moins de demande pour ses nouvelles obligations et devra donc augmenter son taux d’intérêt pour les attirer. A l’inverse, si la demande en obligation est très élevé, par exemple parce que les investisseurs sont très nombreux à vouloir placer leur argent dans les obligations de cette société ou de cette Etat, alors le taux d’intérêt sera assez bas.

Mais les taux d’intérêt des nouvelles obligations ont aussi un impact sur la valeur des anciennes obligations. Quand les taux montent, les anciennes obligations deviennent moins attractives.

Exemple simple :

Si vous détenez une obligation à 3 %,
et que de nouvelles obligations offrent 4,5 %,

personne ne voudra acheter la vôtre au même prix.

Son prix doit baisser pour offrir un rendement équivalent.

À l’inverse, quand les taux des nouvelles obligations baissent, les anciennes obligations à un taux plus élevé sont plus demandées et leur prix augmentent.

Ce n’est pas toujours très facile à comprendre au premier abord, mais c’est finalement assez logique.


Pourquoi avoir des obligations dans son patrimoine ?

Les obligations ont plusieurs atouts :

  • Elles offrent un rendement plus stable que les actions.
  • Elles nécessitent un faible ticket d’entrée via les fonds.
  • Elles permettent une diversification géographique et sectorielle.
  • Elles sont souvent moins volatiles que les actions.
  • Elles ont historiquement joué un rôle d’amortisseur dans les périodes de crise (même si ce n’est pas systématique).

Elles permettent aussi d’ajuster son niveau de risque :

  • obligations d’État (faible risque),
  • obligations d’entreprises solides (intermédiaire),
  • obligations high yield (plus risquées).

L’actif oublié d’une génération

Toute une génération a connu des taux très bas et a perçu les obligations comme un actif « inutile ».

Pourtant, dans les années 80 et 90, elles ont été extrêmement performantes.

Un portefeuille diversifié ne cherche pas à prédire l’avenir.
Il cherche à être prêt pour différents scénarios.

Les obligations ne sont ni spectaculaires ni excitantes.
Mais elles restent un pilier essentiel de l’équilibre entre rendement et stabilité.

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